Alors que l'Iran maintient déjà une pression considérable sur ses adversaires en bloquant l'accès au détroit d'Ormuz pour les navires ennemis, un haut responsable iranien a laissé entendre la possibilité d'une intensification de cette stratégie. Cette perspective survient dans un contexte où le Yémen brandit la menace de fermer le détroit stratégique de Bab el-Mandeb, un autre point de passage d'une importance capitale pour le commerce mondial.
Le président du Parlement iranien, Mohammad-Bagher Ghalibaf, a soulevé des questions cruciales sur X vendredi : "Quelle part des exportations mondiales de pétrole, de GNL, de blé, de riz et d'engrais transite par le détroit de Bab el-Mandeb?" et "Quels pays et quelles entreprises représentent les plus importants volumes de transit par ce détroit ?". Ces interrogations soulignent l'impact potentiel d'une telle fermeture.
Ce développement intervient dans un contexte de tensions accrues. Le 28 février, les États-Unis et le régime israélien ont lancé une nouvelle vague d'agression non provoquée contre l'Iran. La République islamique d'Iran a riposté en lançant l'opération "Vraire Promesse 4", une riposte qui a entraîné au moins 93 frappes de représailles iraniennes contre des cibles américaines et israéliennes dans la région.
Pezeshkian: l'insécurité dans le détroit d
Parallèlement, l'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, par lequel transitent chaque année 20 % du gaz naturel liquéfié (GNL) mondial et 25 % du commerce maritime de pétrole, aux navires associés aux agresseurs et à leurs complices.
Cette mesure a contribué à une flambée des prix de l'énergie et des produits dérivés dans de nombreux pays, exerçant une pression politique sur les gouvernements concernés.
Le 28 mars, les forces armées yéménites ont officiellement déclaré entrer en guerre, en soutien aux pays et mouvements de résistance régionaux confrontés à une escalade similaire de la part de Washington et Tel-Aviv
Les militaires yéménites ont déjà fait preuve de leur capacité à perturber le transport maritime des adversaires.
En 2023, ils ont commencé à cibler les navires israéliens et ceux à destination des territoires occupés, imposant ainsi un blocus au régime israélien en réponse à sa guerre génocidaire dans la bande de Gaza.
Un haut responsable du mouvement de résistance populaire yéménite Ansarallah a a récemment indiqué que toutes les options restaient envisagées, y compris la fermeture du détroit de Bab el-Mandeb aux navires des pays impliqués dans l'agression contre l'Iran et les groupes de résistance régionaux.
Ce détroit, reliant la mer Rouge au golfe d'Aden et à la mer d'Arabie, est une artère cruciale entre l'Asie, l'Afrique et l'Europe, via le canal de Suez.
Selon des estimations récentes, plus de huit millions de barils de pétrole et 58 méthaniers y transitent quotidiennement. Environ 40 % des échanges commerciaux entre l'Asie, l'Afrique et l'Europe empruntent cette voie, qui gère également près de 20 % du commerce mondial de riz, 20 % de celui du blé et 40 % de celui des engrais. La valeur annuelle des biens et services transitant par ce corridor est estimée à plus de 800 milliards de dollars.
Toute interruption de la navigation dans cette artère vitale imposerait aux navires un long et périlleux détour par le cap de Bonne-Espérance. Ce détour, qui ajouterait huit à neuf jours de navigation, entraînerait une flambée des coûts de transport, une hausse des primes d'assurance et, en définitive, une augmentation significative des prix des marchandises tant en Europe qu'en Asie.
Face à ces inquiétudes grandissantes, la mission navale européenne Aspides a d'ores et déjà alerté les compagnies maritimes sur les risques inhérents à la présence de leurs convois dans les eaux yéménites, soulignant la fragilité de ce corridor maritime essentiel à l'économie mondiale.
